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Vos arguments pour le Oui :

TRIER PAR NOTE

Lettre ouverte aux socialistes partisans du Non.

18 vote(s) - 27 commentaire(s)

Posté par : ouinneur le : 27/05/2005

Par Alexander Guilbert, militant socialiste pour le Oui.

Alors que le Non est donné dans les sondages comme le large vainqueur du scrutin référendaire européen, j'aimerais ne pas attendre la défaite du Oui pour exprimer mon sentiment, n'espérant toutefois pas beaucoup faire revenir qui que ce soit vers le Oui.

Je ne suis adhérent du Parti Socialiste que depuis quelques mois. J'ai toujours été un sympathisant du PS ; j'ai eu la chance d'avoir ma scolarité sous Mitterrand et ai eu le sentiment que la société française donnait à tous les chances de réussir. Issu d'une famille nombreuse et pauvre du Nord de la France, de parents non diplômés, je suis tout de même parvenu à avancer sans encombres dans une scolarité pourtant semée d'embûches familiales et relationelles importantes, et à obtenir un bac scientifique puis un modeste DEUG de Lettres Modernes. J'ai travaillé à Paris pendant 5 ans et aujourd'hui je vis dans le Vaucluse, où j'essaie - difficilement - de créer une agence de communication.

Je me suis intéressé à la politique et me suis rapproché du PS pour trois raisons. La qualification, contre Jospin, du Front National au second tour des présidentielles 2002, la lamentable prestation de la droite au pouvoir depuis 2002 et la superbe raffle socialiste des élections régionales de 2004. Par ailleurs, je crois voir en ce parti des forces et des idées justes non seulement auxquelles j'adhère mais aussi que je pense capables de sortir la ville où je vis depuis plus d'un an de son emprise frontiste. Nous verrons bien.

J'ai longuement regardé le texte du traité constitutionnel, je l'ai lu, en majeure partie, j'ai confronté chacun des arguments du Oui et du Non avec le texte lui-même, j'ai écouté les uns et les autres, j'ai pris note de la position interne du PS à laquelle je n'ai pas participé (je n'y adhérais pas à l'époque), j'ai pris note de la position des Verts et du Parti Radical de Gauche pour le Oui et des autres partis politiques pour le Non. Ma position est issue d'une réflexion poussée. Elle n'est pas un suivisme aveugle et partisan. Il y a un lien fort entre ma perception de ce texte, la ligne officielle décidée démocratiquement par le PS et les valeurs du PS. Je suis fier d'avoir ce point commun avec ce grand parti.

Je suis par ailleurs un non-violent, parce que je crois que la violence engendre la haine et que la haine engendre la violence. Et je considère comme une forme de violence toute discrimination à l'égard de quiconque, que ce soit par rapport à la couleur de sa peau, à son accent, à son genre, à sa religion, à sa condition sociale, à ses préférences sexuelles, etc. Je considère comme une forme de violence le fait d'entretenir la lutte des classes. Je considère que la société est composée de rôles, de fonctions, et que les personnes peuvent aller de l'un à l'autre, et les remplir du mieux qu'elles le peuvent. Je considère que les patrons sont tout aussi importants que les ouvriers qui sont tout aussi importants que les demandeurs d'emploi, eux-mêmes tout aussi importants que les étudiants, les travailleurs sociaux, les retraités, les rentiers, les artistes... Chacun remplit un rôle social pendant une période donnée. Ces rôles sont tous importants, autant les uns que les autres.!
Il n'y a pas de fatalité sociale ! Un employé peut devenir patron, comme un patron peut devenir chômeur... Il y a même des retraités qui deviennent étudiants !

C'est pourquoi je regrette, je déplore cet esprit "lutte des classes" présent dans une partie du PS qui milite aujourd'hui pour une position contraire à celle démocratiquement et officiellement adoptée. Je ne suis personne pour le condamner. Je ne peux que me contenter de le déplorer et le regretter. Je regrette que systématiquement il y ait toujours des camps distincts et imperméables. Cette vision manichéenne de la société me gène. Nous sommes trop nombreux, différents et spécifiques pour rentrer dans des cases ou dans des logiques binaires. Du genre : "Si tu ne te bats pas avec nous, tu te bats contre nous". Cette vision-là du Monde, c'est plutôt celle des Etats-Unis et du modèle anglo-saxon. Les duels, les bons d'un côté et les méchants de l'autre, etc.

J'espère évidemment avoir tor mais je crois vraiment que le Non va gagner. Jacques Chirac n'a pas été complètement mauvais ce soir, mais il n'a pas été suffisamment convaincant. Les partisans du Non de gauche ont des a priori très tranchés sur les dirigeants ouistes du PS et n'écoutent pas leurs arguments. Les salons de discussion du soir sur www.ouisocialiste.net sont une excellente iniitiative de dialogue citoyen mais malheureusement la fréquentation est presque exclusivement constituée d'internautes déjà favorables au Oui.

Franchement, il n'y a pas un argument du Oui socialiste que j'aie pu trouver fallacieux ou erroné.
Vous mettrez peut-être ça sur le compte de ma jeunesse ou de ma naïveté et je suis bien incapable de dire si vous aurez tort ou raison. Mais je crois par exemple qu'on a raison d'avoir peur de cette union dans les urnes du Non de gauche et des Non nationaliste et souverainiste. Je ne dis pas que voter Non, c'est voter pour Le Pen, comme Le Pen ou avec les mêmes raisons que Le Pen, je dis simplement que, mutuellement, les uns et les autres se rendent un immense service. Mais passons.

J'en viens peut-être à l'essentiel.
En cas de victoire du Non, très probable, ce sera pour moi (et certainement pour d'autres !) un premier combat militant de perdu. J'aurai perdu parce que je n'aurai pas réagi en opportuniste comme tout homme politique ambitieux qui se respecte et qui se doit, comme un navigateur, de mettre la voile dans le sens du vent pour pouvoir avancer. J'aurai perdu parce que j'aurai pris beaucoup de coups bas, dans une campagne clairesemée d'arguments malsains articulés autour des peurs et de l'exclusion (le plombier polonais, la Turquie, la remise en question de l'avortement, de la laïcité, de la peine de mort, la récupération à gauche de la montée nationaliste du Non néerlandais...). J'aurai perdu parce que je me serai certainement trompé de ligne politique. J'aurai prôné le Oui socialiste et c'est le Non qui est majoritaire au sein de l'électorat. Je crois donc, très sincèrement, si la victoire du Non se confirme dimanche soir, que je me serai trompé de combat.
J'aime les débats, ils me passionnent. Mais quand dans une collectivité, quelle qu'elle soit, une décision débattue et officielle est prise, elle est suivie tant qu'elle n'est pas révoquée officiellement. C'est ma conception de la vie démocratique de toute institution (parti politique, association, syndicat, entreprise, etc.). Sans faire dans l'ultra-autoritarisme, c'est une discipline de personne morale et collective qu'il convient de respecter, de mon point de vue.
Je ne respecte donc pas le comportement de certains dirigeants socialistes qui se sont affranchis du vote des militants et qui ont mené une campagne, en grande partie malhonnête, pour le Non. Je respecte leur position pour le Non, mais pas la campagne qu'ils ont menée. Si vous voulez leur faire confiance pour la suite, c'est votre problème. Moi je ne suivrai pas quelqu'un qui est capable, du jour au lendemain, d'aller dans le sens contraire d'une position que le parti aura démocratiquement décidée. Quand on fait preuve d'une telle malhonnêteté, ça n'inspire pas confiance en l'avenir...

Je sais, vous voyez du chantage ou de la manipulation dans cette lettre. C'est possible. Mais ce n'est pas mon objectif ; je veux juste être sincère et exprimer le fond de ma pensée maintenant, en espérant que vous ayez à l'esprit que je ne suis peut-être pas le seul dans ce cas. Je sais, je serais un traitre si je lâche le PS parce que certains m'auront déçu, mais tant pis...

Je vous invite par ailleurs à contacter Etienne Chouard (etienne.chouard@free.fr) qui a réalisé un site qui a rapidement connu une notoriété exemplaire (plus rapidement que si l'auteur était passé à la Star Academy, c'est dire) et qui sert d'outil militant pour nombre d'internautes : http://etienne.chouard.free.fr/Europe et avec qui vous allez sûrement pouvoir renégocier. A en juger sa méthode, par contre, il ne prendra de vos propositions que celles qui iront dans son sens à lui ; c'est cette méthode qu'il utilise sur son site prétendument citoyen où aucune publication de contre-arguments (pourtant postés en nombre par des internautes dans sa boite aux lettres). Il n'a jamais daigné répondre à un message que je lui ai posté et qui pourtant été parfaitement correct.

Dans ce message, je revenais justement sur un argument primordial de cette campagne et duquel tout peut se jouer. Ce traité n'est pas une constitution au sens juridique et étatique du terme. C'est un traité. C'est-à-dire un accord international entre Etats souverains. Comme tout traité, il n'est révisable qu'à l'unanimité. Vous pourrez renégocier ce que vous vous voudrez, jamais vous n'obtiendrez d'une partie que le contrat puisse être en vigueur sans son accord ! À moins d'un bain de sang révolutionnaire et de la proclamation d'un Etat européenne unique, il n'y aura jamais de constitution dans le sens que nous la connaissons aujourd'hui (très lisible, peu d'articles, rédigée par une assemblée constituante, etc.) !

Je ne crois pas que cette lettre circulera beaucoup auprès des militants socialistes ; je n'ai pas les outils ni la légitimité pour l'adresser à l'ensemble d'entre eux, mais j'espère qu'elle sera lue attentivement par celles et ceux qui la recevront et je les remercie.

Amitiés socialistes et bon courage à toutes et à tous pour la suite du combat (quoi qu'il en soit, il en faudra), avec ou sans moi.

Alexander Guilbert

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Moyenne : 1.1 / 5

l'europe

21 vote(s) - 9 commentaire(s)

Posté par : Tanny le : 26/05/2005

J'ai lu le Traité deux fois. J'ai pu y retrouver l'ensemble des points envisagent de défendre ce pour quoi chacun d'entre nous devrait s'engager : le respect de l'être humain, l'égalité, la parité, la protection de l'emploi, l'environnement.....

Je ne comprends pas comment, si ce n'est pour des velléités partisanes et des buts personnels, comment certaines personnalités politiques en sont arrivées à prôner le non.

Tanny

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Moyenne : 2.8 / 5

L’intervention de Philippe Torreton

20 vote(s) - 8 commentaire(s)

Posté par : ouinneur le : 26/05/2005

Je tiens à vous remercier de m’offrir cette tribune, j’espère en être digne. Je m’inscris un peu en faux pas « place à Jaurès » mais « place à moi » tout simplement citoyen qui a envie de prendre parti dans cette campagne.

Je ne sais ce que vous en pensez mais j’en ai un peu marre d’entendre que, notamment en recevant des lettres depuis que je m’engage officiellement pour le Oui, des lettres de gens déçus qui me disent « ah tu prends fait et cause pour le Oui, c’est dommage je te croyais de gauche », voilà , ça m’emmerde ! ...

J’ai un peu l’habitude d’être sur une scène mais pas dans ces circonstances-là et je peux vous dire que la traversée pour venir jusqu’ici c’est un moment assez fort ... Merci beaucoup pour ça aussi !

« On ne fera donc pas les Etats-Unis d’Europe sans nous, mais en revanche ne nourrissons pas la prétention absurde, déplorable de les faire aujourd’hui à nous tout seul » Léon Blum

Si tout le monde depuis toujours avait raisonné comme le font actuellement certains détenteurs du Non, pas beaucoup d’avancées sociales de progrès techniques et scientifiques, pas beaucoup non plus de découvertes auraient pu voir le jour. Les caravelles de Christophe Colomb n’offraient peut-être pas toutes les garanties nécessaires pour traverser les mers, mais 1/ elles flottaient et 2/ ils avaient la certitude d’avoir fait de leur mieux pour les rendre sûres.

Il y a et il y aura toujours une part d’imperfection dans toute entreprise humaine, il faut l’accepter, sinon rien ne bouge ni ne change, rien n’avance ni ne se transforme.

Il y a et il y aura toujours la tentation du rejet face à l’invention de l’avenir mais qui oserait maintenant revenir au franc, qui oserait maintenant rétablir la peine de mort, qui oserait maintenant abolir la République... Pourtant toutes ces avancées sont passées de justesse, mais elles sont passées et elles sont essentielles.

Je m’étonne que, dans une Europe majoritairement social-démocrate et favorable à cette Constitution, certains socialistes français dissidents tentent de nous faire croire qu’eux seuls ont raison et que tous les autres se trompent. Pourquoi faudrait-il leur faire confiance alors qu’eux-mêmes ne font pas confiance aux règles démocratiques qui régissent leur propre parti ?

Comment faire confiance à Monsieur Fabius qui affirmait, il n’y a pas si longtemps, sur TF1, que si le Oui l’emportait au PS, il ferait campagne pour celui-ci en dépit de ses réticences ? Comment faire confiance à ceux qui semblent nier maintenant des traités qu’ils ont approuvé antérieurement ? Comment ne pas voir dans ce Non une posture politique ?

J’ai une vision plus noble et plus haute de l’engagement politique et surtout plus claire.Que le débat existe c’est strictement normal, c’est même pour moi la preuve d’une Europe franche et sincère, progressant équitablement vers le meilleur, sans perversion ni hypocrisie. Le référendum est un choix digne de cette Europe-là.

Nous savons d’où nous venons.

Il n’y a pas si longtemps, l’Europe était de cendres et de sang, de ruines et de désespoir. Il est obligatoire que son avenir passe par une décision de celles et de ceux qui ont souffert et de nous tous, leurs descendants. Mais que ce débat soit étayé par des contrevérités, par des mensonges, des approximations, des omissions, voilà qui est indigne et choquant.

Que certains débatteurs prennent des allures de prédicateurs d’avant l’an Mil est une honte. « Le courage, disait Jaurès, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».

Il est normal devant cette formidable avancée humaine que représente l’Union européenne que certains d’entre nous soient ébranlés par tel ou tel aspect de ces changements annoncés et que des interrogations, voire des doutes, naissent de cette peur, cette incompréhension. Surtout lorsque les conditions de vie sont pénibles et inquiétantes.

L’avenir faut peur pour certains, avec ou sans l’Europe, mais si, pour des raisons souvent électoralistes, politiquement correctes, car il est évident qu’une médiocre gauche se rassure en pensant recoller à ce qu’elle pense être l’opinion de son peuple, on répond à ses inquiétudes par des contrevérités, alors il y a immoralité politique !

Mais ne vous y trompez pas, le peuple demande la vérité partout et toujours. SI à cette quête sincère de vérité et d’information que réclament nos concitoyens, on ne répond que par de l’à-peu-près politique, par une lecture tronquée et orientée du Traité, si on verse dans ce genre d’argumentaires : la preuve que ce traité n’est pas bon car il est long et compliqué à lire, la preuve que ce traité est libéral puisque le mot concurrence y revient vingt-sept fois, alors on prend le peuple français pour un troupeau d’imbéciles !

Prenez garde, vous qui promettez le grand soir avec votre Non le matin peut être dur car comment imaginer un seul instant un calendrier de renégociation du Traité signé conjointement par Le Pen, Fabius, Villiers, Pasqua, Chevènement, Laguiller, Besancenot, Buffet et les autres ..... Quelle cohérence politique peut jaillir d’un tel malstrom d’ idées, d’opinions, de valeurs contradictoires ... ?

C’est dans le cadre de cette constitution que nous allons travailler sans relâche pour que cette Europe garde le cap de l’égalité et de la justice sociale, d’une économie surveillée et de principes éthiques établis.

Ne confondons pas ce Traité constitutionnel avec la politique que nous allons y mener. Ne lui faisons pas un faux et hypocrite procès ! Après tout je n’ai jamais entendu les leaders du Non s’indigner contre la Constitution française. Est-ce à croire que celle-ci est parfaite ?

Dans ce cas comment se fait-il que certains de nos droits puissent être remis en cause au gré d’une alternance politique qu’elle autorise. Il faudrait leur dire aux trois millions de chômeurs français que leur Constitution leur garantit un emploi, il faudrait leur dire aux millions de personnes mal-logées sur notre territoire que leur propre constitution leur indique qu’ils ont droit à un logement décent ... Ca les rassurera sûrement définitivement !

Les Français actuellement en difficulté n’ont que faire de ces points de vue sur des phrases qui n’ont qu’un sens symbolique pour eux, ils préfèrent des outils économiques, juridiques qui leur permettent d’avancer plus efficacement vers un avenir meilleur, c’est ce que leur propose cette Europe nouvelle et pragmatique, c’est ce que ne veulent pas comprendre les défenseurs du Non.

Leur calcul politique s’il est sincère est inefficace et s’il ne l’est pas est suicidaire pour eux-mêmes et irresponsable pour la France.

Dans une telle aventure humaine, sans précédent dans l’histoire des civilisations il est normal de frissonner quelques fois mais il serait sidérant de vouloir, au nom de nos propres craintes, vouloir tout bloquer et pour longtemps ! Je ne veux pas croire que le peuple français soit si frileux et si c’est de la colère, alors il y a d’autres rendez-vous pour l’exprimer !

N’imposons pas notre mécontentement à l’Europe entière, la France vaut mieux que celà. L’Europe ne sera pas plus sociale si le Non l’emporte car aucun de ceux qui le prône n’aura le pouvoir de le faire.

Un nouveau traité verra peut-être le jour plus tard mais cette fois il sera décidé à vingt-cinq et non à quinze et l’on peut faire confiance aux pays baltes pour y plaider un libéralisme sans contrainte !

La gauche européenne se mobilise pour le Oui, nous l’avons constaté encore hier soir au Cirque d’Hiver. Je ne vois pas beaucoup de leaders politiques européens soutenir le Non et pour cause : il est tellement confus et tellement seul !

On nous dit que ce traité est complexe. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont essayé de lire le règlement de la FIFA mais je peux vous assurer que quand vous refermez ce document vous ne savez même pas ce que vous devez faire avec le ballon ...... ! Et pourtant, le football est le sport le plus pratiqué au monde et le plus regardé !

Jamais un texte n’a pris autant en compte les spécificités sociales, éthiques, culturelles de chaque pays membre. Jamais la paix n’aura été aussi protégée que par ce trait. Alors oui, ce n’est pas simple d’établir un tel projet de constitution, la guerre est plus simple, le diktat d’une pensée dominante est plus simple , l’hégémonie d’une puissance sur le reste du monde est plus simple ...

L’Europe se construit par le respect des états-membres car elle sait que c’est la diversité des peuples et des pays qui la constitue qui fera sa force et son originalité. Nous construisons actuellement un modèle que bon nombre de peuples en dehors des frontières de l’Europe souhaiterait pouvoir appliquer en Afrique, en Amérique du Sud par exemple ;

Je suis fier de cette Europe-là car elle me permet de regarder ce continent en me disant que les tragédies successives qui ont jalonné son histoire n’auront pas été vaines

Merci à tous !

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Moyenne : 2.7 / 5

Votez oui pour la France, votez non pour la France

11 vote(s) - 1 commentaire(s)

Posté par : blaha-clauzier le : 26/05/2005

Les deux arguments sont aussi navrants l'un que l'autre, que ce soit Lang , Chirac ou autre qui le dise ou de Villers, ou autre Fabius.

Je sens chez tous, des deux bords, un point de vue purement hexagonal,mettant en avant un modèle français (il est où ?), point de vue arcbouté sur de vieilles conceptions d'une France souveraine pour les uns, moteur de l'Union européenne pour les autres, sans laquelle, dans les deux cas, rien ne pourrait se faire. Ces temps là sont finis, quel que soit le vote, oui ou non . On assiste aux derniers soubresauts d'une France qui n'existe plus, et qui devra se régénérer autrement au sein de l'Europe qu'en invoquant de vieilles lunes.
A part ça, ma méfiance est grande, des deux côtés, vu que l'Europe tient finalement peu de place, au fond, dans les discours depuis plusieurs semaines, des deux côtés, j'y vois plus d'ambitions intérieures et très franco-françaises.

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Moyenne : 3 / 5

Voter oui pour une Europe plus respectueuse de l’environnement.

14 vote(s) - 4 commentaire(s)

Posté par : ouinneur le : 26/05/2005

par Denis BAUPIN (adjoint au maire de Paris), Yves COCHET (ancien ministre, député de Paris), Alain LIPIETZ (député européen), Noël MAMÈRE (député maire de Bègles), Dominique VOYNET (ancienne ministre, sénatrice de Seine-Saint-Denis) et Yann Wehrling (secrétaire national des Verts)

S’il est un domaine qui agite relativement peu les débats actuels sur le Traité constitutionnel européen, c’est celui de l’environnement, y compris, paradoxalement, chez les Verts. Et pourtant, selon l’Eurobaromètre publié par la Commission européenne le 29 avril dernier, 85% des Européens « souhaiteraient que les décideurs politiques jugent l’environnement aussi important que l’économie et le social ».
Même si le changement de nos comportements individuels demeure une réponse importante aux grands enjeux environnementaux de notre société, il ne fait guère de doute que leur résolution nécessite avant tout des régulations qui dépassent l’échelon national, insuffisant. Sauf à penser que les pollutions s’arrêtent à nos frontières (comme voudrait encore nous le faire croire le lobby nucléaire avec le nuage de Tchernobyl), le niveau européen s’est progressivement et naturellement imposé comme le plus pertinent pour nombre de réglementations et d’actions qui ont amélioré la qualité de notre environnement.

Toutes les associations de défense de la nature et toutes les grandes ONG qui se battent pour la sauvegarde de notre planète le savent. Citons quatre exemples :

- Face aux risques environnementaux, notamment la pollution de l’air qui frappe les grandes villes, la pollution de l’eau et des sols, le processus d’intégration européenne a conduit à l’adoption de normes plus restrictives que les normes françaises existantes.

- Sans la directive Natura 2000, à laquelle les pouvoirs publics français ont longtemps résisté, notre pays aurait été incapable de constituer un réseau de zones naturelles protégées. Le dernier rapport de l’Ifen vient de confirmer l’importance de cette directive en mettant en évidence l’artificialisation croissante de nos sols, facteur de pollution des eaux, de perte de biodiversité et d’exposition accrue des populations aux risques naturels.

- La directive européenne « oiseau », appliquée par le juge français sur recours des associations environnementales, supplée heureusement la lâcheté des responsables politiques face au lobby de l’ultrachasse et à ses revendications extrémistes sur les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse souvent exprimées avec brutalité et violence ;

- Sans l’Union européenne, qui a joué un rôle moteur essentiel dans la négociation des accords internationaux de lutte contre le changement climatique, le protocole de Kyoto n’aurait pas pu être mis en oeuvre. Et c’est encore l’Union européenne qui est en pointe dans les négociations de l’après-Kyoto portant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2012.

Les apports de la construction européenne en matière environnementale sont donc évidents. Le TCE les réaffirme, il confirme ses objectifs de développement durable et constitutionnalise les principes de précaution et de pollueur-payeur dont pourront désormais se prévaloir les défenseurs de l’environnement. Le TCE va plus loin que la charte de l’environnement adossée récemment à la Constitution française.

Autre avancée notable qui figure dans la partie III de ce projet de traité : l’identification d’une compétence explicite en matière d’énergie ; pour la première fois, sont affirmés un objectif de promotion de l’efficacité énergétique et des économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables. Au-delà de ces dispositions, l’amélioration et la démocratisation du processus décisionnel européen permettront une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et la conduite de politiques plus actives dans le futur.

° L’accroissement du rôle du Parlement par l’extension de la procédure de codécision permettra que celui-ci devienne pleinement colégislateur avec le Conseil des ministres dans 27 nouveaux domaines, parmi lesquels l’agriculture et la pêche, la recherche et l’industrie. Ce sera un point d’appui essentiel pour l’adoption de la directive Reach sur les produits chimiques.

° La personnalité juridique dont sera désormais dotée l’UE permettra enfin son adhésion en tant que telle à la charte européenne des droits de l’homme et le recours à la jurisprudence de la Cour de Strasbourg en matière environnementale. Elle contribuera également à renforcer la crédibilité de l’Union dans les conférences internationales dont le rôle est croissant quant aux réponses à apporter aux grands enjeux environnementaux.

° Le rapprochement entre l’Union européenne et les citoyens que représente le droit de pétition « du million » ouvre de nouvelles perspectives aux citoyens écologistes européens pour mener à ce niveau des batailles environnementales telles que l’interdiction des OGM. Le traité instituant une Constitution pour l’Europe marque donc une réelle opportunité pour engager plus fermement notre continent sur la voie d’un développement durable plus respectueux de l’environnement et des générations futures.

Comme ceux qui l’ont précédé, ce traité n’en demeure pas moins un texte juridique dont la véritable portée dépendra de la volonté politique des pays de l’Union et de la capacité de ses citoyens à créer des rapports de forces plus favorables à la protection de l’environnement. L’urgence écologique doit nous obliger à renforcer la mobilisation en faveur d’un mode de déve loppement plus soutenable. Elle nous commande également de ne pas refuser les avancées proposées par le TCE. L’avenir de l’Europe est entre nos mains, à nous de décider ce que nous voulons bâtir pour les générations futures.

Cette déclaration commune des Verts est signée par Denis BAUPIN (adjoint au maire de Paris), Yves COCHET (ancien ministre, député de Paris), Alain LIPIETZ (député européen), Noël MAMÈRE (député maire de Bègles), Dominique VOYNET (ancienne ministre, sénatrice de Seine-Saint-Denis) et Yann Wehrling (secrétaire national des Verts). [25 mai 2005]

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Moyenne : 2.7 / 5

de l'inutilité de voter "contre le patronat"

5 vote(s) - 1 commentaire(s)

Posté par : julien le : 26/05/2005

Plusieurs arguments du "non" visent à faire le lien entre patronnat et TCE. Ils expliquent, probablement à juste titre (encore que des ultra-libereaux soient contre), que les patrons voterons "oui".

Or cet argument repose sur un postulat: Nous vivons dans une société de classes, et les intérêts du patronnat divergent de ceux des travailleurs.

Outre que je trouve regrettable de faire l'apologie de cette vision en "classes" de la société, et qu'elle ne me paraisse pas objective de l'europe actuelle, les intérêts des travailleurs sont-ils de nuire à leurs patrons?

D'abord un patron c'est également une entreprise. Et nos emplois ce sont des emplois au sein d'une entreprise. Rendez la vie difficile au patronnat, ce que vous gagnerez au mieux c'est qu'ils délocalisent vers la Chine (tant mieux pour les chinois), au pire qu'ils fassent faillite (tant pis pour tout le monde).

Par ailleurs, l'intérêt d'un patron est de faire fructifier son capital par l'amélioration de la rentabilité des facteurs de production, dont le travail (Je parle en terme économiques pour être préci, que ceux qui trouvent ça inhumain retournent lire des bandes dessinées svp). Or si cette amélioration peut passer par la réduction des coûts de production (payer le salaire le plus faible possible), elle peut aussi passer par l'amélioration des conditions de travail dans une optique d'amélioration de la motivation des employés et de leur rentabilité. Il y a notamment des entreprises de conseil dont l'objet est de redéfinir les tâches de chacun afin que tous s'impliquent volontairement dans le travail en le rendant plus interessant.

Evidement je ne cherche pas à montrer que le capitalisme européen est tout beau tout rose. Mais seulement à casser ce rapport systématique d'opposition entre salariés et patrons. Si le capitalisme repose sur l'argent, il y a différentes façons d'en gagner. Au moyen âge on mettait des coups de fouet. Aujourd'hui on a compris que le management était peut-être plus efficace.

On peut dire que si un profit est dégagé, désormais il va dans la poche des actionnaires. Mais à mon sens cela n'entame en rien la véracité des deux points sus-dit. En outre, dans les pays anglo-saxons notamment, les actionnaires ce sont les travailleurs (fonds de pension).(Notez que je trouve que ces fonds sont un réel danger pour l'entreprise en cela qu'ils ne permettent pas de mener de stratégies à long terme).

Pour résumer: CERTAINS patrons ont compris que nuire à leurs salariés ne servait à rien. Et à mon avi c'est ceux là qui tirent le plus profit du capitalisme et du TCE. Pour les autres c'est malheureux à dire mais voter "non" n'améliorera pas les conditions de travail de leurs employés. Au vu de ces autres il faut voter "oui" ou perdre nos emplois (ou mettre fin au système capitaliste mais outre que l'on y soit pas prêts, le communisme a aussi ses défauts graves).


PS: Je comprendrai tout à fait que vous n'adhériez pas à ce post, mais pourriez vous s'il vous plait m'en donner les raisons? Merci d'avance.
PS 2: J'ai dejà lu les arguments consistant à dire qu'il faut redonner la priorité de l'humain sur l'argent. Vos valeurs vous guident tant mieux, mais ma démarche est de trouver des arguments d'ordre logiques (non basés sur le nombre d'occurence du terme "marché" dans le texte, non basés sur le caractère inférieur humainement parlant du capitalisme, ou alors montrez le).

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Moyenne : 2 / 5

Voter comme BUSH??? Certainement pas...

6 vote(s) - 9 commentaire(s)

Posté par : Thomas le : 26/05/2005

Vous voulez voter non... comme Bush...et bien pas moi!

Vous pouvez avoir tous les arguments du monde pour voter Non, moi j'en ai un bien solide pour voter OUI, je vote exactement a l'inverse de ce que Bush veut...

Ca me fait deja mal a l'idee qu'il puisse sabrer le champagne le 29 apres-midi (decalage horaire oblige). Son idee d'un monde unipolaire va malheureusement s'en retrouver renforcer ce jour-la. Je suis aneanti rien que de penser a ca!

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Moyenne : 2.5 / 5

Aucune chance de recommencer le travail à zéro

13 vote(s) - 5 commentaire(s)

Posté par : ak42 le : 26/05/2005

Pourtant je ne suis pas spécialement pour Giscard, j'étais même heureux de sa défaite en 1981, mais ce qu'il dit dans la presse est juste et devrait en laisser réfléchir plus d'un avant de déposer son vote dans l'urne :

S'il n'y avait qu'un argument à faire passer, d'après lui ? Celui selon lequel le traité ne sera pas renégocié.

"C'est un travail trop difficile, trop hors de portée de mettre d'accord 25 pays, anciens et nouveaux, grands et petits, riches et pauvres. On a réussi à le faire, c'est un miracle, franchement. Si on ne lui donne pas de suite, on ne le refera pas", a-t-il asséné. "Il faut faire en sorte que personne ne vienne nous reprocher ensuite qu'on ne l'avait pas prévenu."

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Errare humanum est

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Posté par : Thierry le : 26/05/2005

Il est dans la nature de l'homme de se tromper, comme vont le faire ceux du "oui"

Vous savez en 1934, à la lecture de "Mein Kampf"
le Maréchal Lyautey avait prévenu la France en disant :

"Tout Francais doit lire ce livre".

Il avait vu juste, car les événements qui ont suivi lui ont donné raison.

Pour le TCE, c'est la même chose, l'apologie de la race superieure libérale mercantile menace notre nation.

Mais sachant qu'en France, il y à plus de collabos que de vrais résistants ?

Espérons que le résultat des urnes, le 29 MAI au soir, me donneront tort.

Il n'y a pas que les "ouitiste" qui font dans la "bétise", la preuve.

Errare humanum est !

Thierry- LE HAVRE

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Pourquoi je voterai OUI

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Posté par : Laurent le : 26/05/2005

Bonjour,

Voici la raison n°1 de mon vote OUI à la Constitution européenne :

ARTICLE III-227 1. La politique agricole commune a pour but :
a) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique et en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’oeuvre ;

Je suis à 100% pour les OGM. La Constitution européenne nous permet ENFIN un accès rapide aux OGM en France, alors disons OUI le 29 Mai !!

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La guerre des deux France

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Posté par : euro59 le : 26/05/2005

En fait ce référendum reflète bien le livre de l' auteur Jacques Marseille (édition Plon - 2004) : LA GUERRE DES DEUX FRANCE : Celle qui AVANCE et celle qui FREINE.
On en a l'illustration aujourd' hui. La France qui dit OUI en pensant à l'avenir de ses enfants et celle qui refuse tout en se plaignant des traités actuels.

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Pas de contraintes libérales supplémentaire.

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Posté par : oui! le : 26/05/2005

L'ordre juridique européen, avec la constitution (ou les traités actuels) à son sommet, est intégré à l'ordre juridique français. En France, au sommet de l'ordre juridique français, donc au dessus de la constitution européenne, se trouve la constitution française.
Le Conseil Constitutionnel confirme et répète que c'est et ça restera un *traité*.

********************************************
=>Considérant, en premier lieu, qu'il résulte des stipulations du traité soumis au Conseil constitutionnel, intitulé « Traité établissant une Constitution pour l'Europe », et notamment de celles relatives à son entrée en vigueur, à sa révision et à la possibilité de le dénoncer, qu'il conserve le caractère d'un traité international souscrit par les Etats signataires du traité instituant la Communauté européenne et du traité sur l'Union européenne<=
********************************************

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Curieux

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Posté par : Lambda le : 26/05/2005

J'aimerai bien savoir qui je dérange!
Une partie de mes arguments prétendument validés sont introuvables, à la veille de la cloture je me permets de vous retransmettre celui-ci afin d'être fixé sur votre prétendue neutralité que j'avais d'emblée mise en doute.
C'est la question que devrait se poser l'électeur lambda.
"Après des semaines de débat, qui leur auront enfin permis de tout savoir sur l'Europe dans laquelle ils vivent au quotidien sans trop en avoir conscience ; il y a une évidence qui semble avoir échappé aux Français ; quels que soient les arguments avancés pour rejeter ce traité : C'est qu'il a été signé unanimement par 25 chefs d'État ou de gouvernement représentant des régimes démocratiques différents, venus de tous les horizons, bénéficiant des meilleurs conseils et n'ayant a priori pas de raison de vouloir faire le malheur de leurs peuples. Ils ont accepté ce faisant, de renoncer à une partie de leurs prérogatives. Compte tenu de la nature humaine, s'ils ont consenti ce sacrifice, c'est qu'il leur est apparu qu'il n'y avait guère d'autre issue et que ce traité est acceptable.
"Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité,ils ne voient la nécessité que dans la crise" ( Jean Monnet)
C'est ce que tous les électeurs, quel que soit leur sentiment, devraient avoir présent à l'esprit avant de pénétrer dans l'isoloir ou de décider de s'abstenir.
Lambda

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Enfin un peu de social et d'environnemental !

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Posté par : oui! le : 26/05/2005

Le traité reprend les parties économiques et renouvelle complètement les valeurs et principes : on va enfin commencer à faire du social et de l'environnemental.

La preuve ? Comparez la situation actuelle et la situation à venir : http://www.constitution-europeenne.fr/index.php?id=116

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Transcription du chat du 25 mai (Jacques Delors, François Rebsamen, Jean Glavany et Jean-Marc Ayrault)

18 vote(s) - 1 commentaire(s)

Posté par : ouinneur le : 26/05/2005

°°°Le dialogue entre citoyens et les élus socialistes continue sur www.ouisocialiste.net ce soir à 16h30...°°°

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir de recevoir Jacques Delors, François Rebsamen, Jean Glavany et Jean-Marc Ayrault pour répondre à toutes vos questions sur le référendum ! Bonjour à toutes et à tous.

Faboune : Bonjour. Certains s’inquiètent des montées des populistes et des nationalistes. N’est-il pas un peu facile de réduire les craintes pour leur avenir de la part des salariés ? Je pense qu’il ne faut exprimer ni mépris ni irrespect à ceux qui par crainte sont tentés par le non. N’oublions pas que parmi les non il y a aussi des souverainistes et des nationalistes. Nous ne confondons pas ceux avec qui nous avons gouverné avec les souverainistes. Sans faire l’amalgame, il faut rappeler que le non ne peut pas triompher sans eux.

regis44_MJS : M. delors. Je suis un farouche partisan du oui, intimement convaincu. Cependant je me pose quelques questions sur des points particuliers. Les coopérations renforcées ne risquent elles pas d’aller à l’encontre des politiques de l’Union ? Non puisque dans le traité il est prévu que les coopérations renforcées ne peuvent aller que plus loin que le traité : un début d’harmonisation fiscale, plus de participation des travailleurs dans l’entreprise. Rien ne pourrait aller en deçà du tronc commun du traité.

stephane : Au sentiment d’insécurité de 2002 est en train de succéder l’insécurité sociale dont l’Europe apparaît comme le bouc émissaire (délocalisations, dumping social) : quels sont les arguments que vous donneriez pour que le oui soit perçu comme un oui de combat ? Ce n’est pas faux de voir dans le déroulement de la campagne voir faire irruption dans les médias des faits qui entretiennent ce sentiment d’insécurité sociale qui n’est pas sans rappeler 2002 et l’insécurité. Tout cela n’est en rien lié à l’Europe. S’il y a des mesures à prendre pour éviter des délocalisations sauvages, c’est au plan national qu’il faudra les prendre.

roselyne : Dans le cas du oui ou du non quelle différence pour la politique agricole ? Etes vous avec Chirac sur ce terrain ? Si c’est le non qui l’emportait, la France perdrait sur 3 tableaux :
Pas assez de ressources pour l’UE
Certains pays seraient enclin à remettre en cause le financement de la PAC jusqu’en 2013
Les fonds structurels pourraient également échapper aux régions françaises les moins riches. Attention, rien n’est réglé même si les agriculteurs ne sont pas satisfaits, ils faut qu’ils soient conscients de ce qu’ils peuvent perdre. JG : Les intérêts de la France pourraient être affaiblis à commencer par ses intérêts agricoles. Oui pour défendre la PAC, mais pas comme Chirac qui est dans une logique totalement conservatrice. La PAC a besoin d’évoluer.

Faboune : Quel est le sens et l’utilité de la "clause passerelle" qui permet au Conseil Européen de décider de voter à la majorité qualifiée des politiques actuellement votée à l’unanimité. Sachant que cette clause doit être décidée à l’unanimité. Un pays qui veut garder son véto pourra toujours le faire .. JC : c’est le produit d’un compromis à la Convention qui représentait les peuples de l’Union. Cette clause est difficile à interpréter aujourd’hui, dans certains domaines l’unanimité est plus protectrice pour des domaines tels que la politique culturelle, où la France est en pointe.

Adnane : La campagne du oui a été polluée par des socialistes qui avaient pris l’engagement de respecter le choix des militants. Nous avons l’impression d’avoir été trompés pour ne pas dire bernés (lecture approfondie du texte, longs débats au sein des sections, effort de persuasion..). Jusqu’à quand ces comportements contraires à l’éthique partisane resteront impunis ? De cela dépendra pour le futur l’engagement des jeune sau sein du PS. Ces comportements sont contraires à l’éthique démocratique. Pouvons-nous vivre ensemble si une règle de vie en commun est ainsi bafouée, si certains foulent au pied les décisions des militants. Cela nous a fait beaucoup de mal il faudra régler ce problème d’une manière ou d’une autre.

jeanne : Jacques Delors je vous admire pour votre action européenne. Comment expliquez vous que le Non soit si haut dans les sondages ? Est ce que ce n’est pas un peu décevant après tout ce que vous avez fait ? Rémy : Bonjour, il semblerait que l’on aille dans le mur.. (victoire du non). Alors ne pourrait-on réfléchir sérieusement à la solution que je préconise ? L’immense majorité des électeurs du front national s’apprêtent à voter " Non ". S’ils représentent 17% de l’électorat national, cela fait un tiers de la force totale du " Non ". Un tiers c’est énorme ! Faites le calcul. Moi je ne veux pas que le Front National se sente victorieux le 30 mai. C’est la vie. Il faut voir qu’en France, il y a environ 20% des citoyens fidèles au courant souverainiste que nous ne pouvons pas convaincre. Sur les 80% restant, la désastreuse politique économique et sociale de J.Chirac entraîne des mécontentements légitimes. Il faut attendre 2007 pour régler cette question intérieure. JG : Peut-être avons-nous également l’absence de débat démocratique depuis 1992 et la démagogie de certains sur l’Europe qui ne se félicite jamais des crédits européens et attribuent souvent les difficultés à Bruxelles. M. Raffarin devant le parlement français avait mis en cause "les chefs de bureaux européens", ce qui est tout à fait irresponsable. JD : Déjà lors de l’adhésion de l’Espagne et du Portugal, déjà des craintes se faisaient sentir et le nouvel élargissement n’a pas été assez expliqué. Très souvent la victoire se joue dans les dernières minutes comme on l’a vu en rugby dimanche dernier.

yan : J’ai voté Maastricht. Toute la classe politique nous a dit que c’était le meilleur traité qui soit. On nous a dit le Traité de Nice c’est formidable. Aujourd’hui on nous dit que ce traité est formidable, comprenez vous que nous n’arrivons plus à vous croire alors que nous sommes tous des européens convaincus ? Il faut lire le traité d’abord. Maastricht était très important puisque la France acceptait de changer sa monnaie, d’où le référendum. Cette fois ci il s’agit de faire en sorte que les pouvoirs s’expriment de manière plus démocratique. Il y a également l’incorporation de la charte qui est fondamentale. JG : Personne ne dit que le traité est formidable, ce qui l’est c’est l’acquis de 50 ans en commun, l’enracinement de la démocratie partout, de la paix acquise. L’élévation du niveau de vie, le rattrapage des pays du sud, l’interdiction de la peine de mort dans 25 ou 30 pays. Tout cela est formidable, mais les traités un par un ne sont pas formidables, ce sont des compromis, mais cela permet à tout le monde d’avancer et de constituer au total une oeuvre formidable.

olivia : Une chose que je ne comprends. Pourquoi avoir choisi un référendum que j’approuve pour nous dire il n’y aura pas de renégociation. Est-ce de cette manière que vous concevez la démocratie. Jamais vous n’avez envisagé que ce traité pouvait être rejeté par les peuples européens. Je trouve cela particulièrement symptomatique de cette "bonne volonté" affichée par les institutions européennes ? JG : il y a une grande mode chez les partisans du non, qui essaient de nous faire croire qu’ils sont victimes d’une pensée unique. Les citoyens français sont libres de voter oui ou non. Le non a toute sa place dans les médias, les affiches etc. On verra ce que le peuple décidera.

svp : Et si au sein du référendum interne au PS, le non l’avait emporté, quelle serait actuellement votre campagne ? Je suis foncièrement de gauche mais vos arguments ne m’ont pas encore convaincue pour le "oui". En effet, je me dis que vous vous seriez aussi farouchement battus pour le "non" si la majorité des militants avaient dit "non". Alors .. ? Que penser .. ? JG : Non je ne me serais pas battu aussi farouchement battu pour le non. J’aurais respecté cette décision, mais je me serais maintenu dans un devoir de réserve. JD : Personnellement je me serais aussi tenu à ce devoir de réserve.

Patrick : Je suis dans une commune du 92 (le département de Sarkozy) et je suis stupéfait.. L’UMP de Sarkozy ne fait pas campagne ! Juste un tract misérabiliste de couleur bleu dimanche dernier et pas d’affichage sur les panneaux officiels à ce jour ! Rien ! En fait Sarkozy, dans le secret de l’isoloir, va voter NON, j’en suis sûr ! Cela confirme que les "nonistes" qui se revendiquent de gauche se retrouvent en bien étrange compagnie. Qu’en pensez-vous ? JD : On ne peut pas faire un scanner sur la pensée de Sarkozy. Mais quand je l’ai entendu dire que grâce au traité il pourrait changer la politique sociale de la France, je me suis dit qu’il y avait vraiment un oui de droite et un oui de gauche. JG : Il est indubitable que sur le terrain de la campagne pour le oui, le PS est vraiment un peu seul contre tous.

Granada : Ne pensez-vous pas que les partisans du NON confondent deux choses : la constitution, qui est un cadre, et les politiques européennes qu’il faudra mener ensuite ? JG : Evidemment. La constitution c’est comme les règles du rugby, en avant, touche.. une fois les règles posées, cela permet de commencer un match qui reste à faire. La constitution, c’est pareil, c’est un cadre des règles qui nous permettront de faire un match démocratique. Il y a une grande illusion des partisans qui laissent à penser qu’une constitution pourrait régler ou aggraver les problèmes politiques.

mireille : Est ce la France d’en haut qui est pour le oui et la France d’en bas qui est pour le non ? JD : M. Fabius fait partie de la France d’en bas ? Et Mme Notat de la France d’en haut ??? Quand on voit des tribunes d’intellectuels on constate qu’une bonne partie de la France d’en haut joue le non et joue aussi à se faire peur. Cette expression de France d’en bas n’a aucune réalité sociologique. Il faut aller dans nos régions qui ont bénéficié des aides structurelles de l’Europe qui savent ce que peut faire l’Union européenne. 45% du territoire français sont couvert par les aides structurelles européennes.

Alexander : Bonjour. Comment convaincre les sympathisants du Non de gauche que ce traité n’est pas vraiment une constitution au sens juridique, mais qu’il reste un accord international entre Etats souverains ? Il n’y a pas un nouvel Etat Européen à proclamer. Est-ce qu’un autre nom au traité, par exemple "traité établissant une constitution et des dispositions politiques et économiques pour l"Union Européenne" aurait fait plus de satisfaits ? Vous avez raison, c’est un traité constitutionnel qui organise la répartition des compétences entre l’Europe et les Etats nationaux. C’est une constitution parce qu’elle consacre la charte des droits et les valeurs de l’Europe. Mais la France reste maîtresse de sa politique dans bien des domaines. Avec toutefois la mondialisation qui avec ou sans l’Europe existerait. Mais l’Europe nous permet de mieux défendre les intérêts de la France dans cette mondialisation.

Pierre : Ne craignez vous pas un éclatement du PS après une très probable victoire du non ? Pensez-vous que les militants PS à fond pour le oui puissent "suivre" des leaders PS pro "non" lors des prochaines échéances ? JG : Je ne crains pas l’éclatement mais j’espère l’éclaircissement. Il ne peut pas y avoir union sans éclaircir la façon de faire respecter la règle démocratique et le vote des militants. Et puis j’ai entendu des responsables qui rendaient Besancenot mièvre dan